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Focus. |
CONTEXTE
Les stratégies de santé reproductive se basent sur la croyance centrale que les femmes en tant que personnalités entières, pensantes et émotionnelles, façonnées par les conditions sociales, économiques et culturelles particulières dans lesquelles chacune d’entre elles vit, sont au centre de leur propre reproduction (Freedman et Isaacs, 1993). En conséquence, ces auteurs pensent que les politiques et les programmes de santé ne peuvent pas traiter la reproduction comme de simples mécanismes, comme des évènements biologiques isolés de conception et de naissance ; mais qu’ils doivent plutôt la considérer comme un processus de toute une vie, inextricablement lié aux statuts et aux rôles des femmes dans leur maison et leur société.
Evolution du concept de santé reproductive
La littérature disponible révèle un haut degré de chevauchement entre les définitions de santé reproductive, santé sexuelle et santé maternelle. Les rencontres internationales majeures qui ont eu lieu depuis la conférence du Caire ont montré que la santé reproductive a un énorme potentiel pour combler les fossés entre les divers électorats. Mais le concept de santé reproductive est aussi un produit culturel qui a émergé suite à une évolution historique, juridique et éthique particulière. La mettre en œuvre n’implique pas simplement l’application des principes et le choix des mesures, mais aussi un processus de traduction à travers les cultures. Par conséquent, une perspective culturelle qui clarifie le lien entre le global et le local doit être développée.
Selon diverses définitions, les éléments basiques de la santé reproductive sont : comportement reproductif/sexuel responsable, services de planning familial largement disponibles, prise en charge de la maternité efficace et maternité sans danger, contrôle effectif des infections (dont les maladies sexuellement transmissibles (MST et VIH/SIDA)), prévention et gestion de l’infertilité, prévention et traitement des tumeurs malignes et élimination des avortements dangereux. Ces définitions appellent à une action pour considérer ces demandes comme des droits humains.
En examinant les différentes définitions, on observe que la santé reproductive n’est pas définie par des critères stricts. Le concept s’étend au-delà des ages reproducteurs, des évènements reproducteurs ou des organes reproducteurs, vers une perspective plus large sur la reproduction située dans un contexte socioéconomique. En conséquence, il n’y a pas de principes précis sur le champ d’application exact du concept, ni de standards explicites d’inclusion ou d’exclusion.
Plusieurs conférences internationales majeures dans les domaines de la population et de la santé ont lancé un appel à des stratégies de santé reproductive complètes, et ont commencé à rédiger ce que celles-ci pourraient inclure. Les débats sur les stratégies de santé reproductive reconnaissent l’étroite relation entre santé et contextes sociaux et culturels dans lesquels les gens vivent et exercent leur comportement sanitaire.
Les concepts ‘d’autonomie’ et de ‘choix’ qui sont au centre des débats internationaux sur la population, sont influencés par des facteurs sociaux et culturels qui varient considérablement, même au sein d’une région ou d’un pays. Jacobson (1994:26) a défini l’autonomie comme ‘la capacité d’un individu à penser et à agir indépendamment des autres pour atteindre ses propres intérêts’. Cependant, la notion occidentale d’autonomie qui est basée sur des concepts d’intimité et de droits individuels peut être moins pertinente pour des femmes musulmanes qui valorisent l’interdépendance des individus, des familles et des communautés.
LE STATUT DES FEMMES ET L’AUTONOMIE DANS UN CONTEXTE CULTUREL MUSULMAN
Un mari et une épouse forment le noyau d’une famille. Leur relation est décrite par le Coran comme ayant deux qualités majeures : l’amour (passion, amitié, camaraderie) et la miséricorde (compréhension, réconciliation, tolérance, pardon) avec pour objectif général la tranquillité (Omran, 1992). Le Coran explique ce que cela signifie :
"…et un des signes de Allah est qu’Il a créé pour vous des compagnes à partir de vous-mêmes, avec qui vous pouvez habiter en tranquillité, et a ordonné entre vous amour et miséricorde" (Sourate 30:21)
De nombreux auteurs indiquent que le statut des femmes musulmanes évoque deux ensembles d’images contradictoires (Obermeyer, 1992). Tandis que les démographes, sociologues et anthropologues indiquent que les femmes des pays musulmans ont un statut inférieur (Freedman and Isaacs, 1993; Weeks, 1988), les théologiens pensent que l’Islam en lui-même donne aux femmes un statut élevé (Omran, 1992). Sur la base de l’interprétation du Coran, les théologiens pensent qu’une femme est considérée comme étant l’égale de l’homme dans de nombreux aspects sociaux et économiques (Omran, 1992). Par exemple, elle a le droit de choisir son mari ; dans le mariage, elle a le droit de garder son nom de jeune fille ; elle peut être complètement indépendante financièrement et a le droit de faire ce qu’elle veut de son argent, tandis que le mari doit subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants. (Omran, 1992). La première image, qui est décrite par les démographes, sociologues et anthropologues, implique que le statut inférieur des femmes musulmanes explique en partie le fort taux de fertilité dans la majorité des pays musulmans. Ils pensent que la relation entre statut inférieur et forte fertilité opère de deux façons se renforçant mutuellement (Obermyer, 1992): d’abord un statut inférieur signifie un accès restreint à l’éducation et aux emplois ; et deuxièmement, la dépendance économique d’une femme la met dans une position peu sure, rendant la menace de divorce et de polygamie plus menaçante. Cela limite, donc, ses choix en termes de procréation car sa seule chance d’améliorer son pouvoir de négociation et de s’assurer contre le risque de divorce est de mettre au monde des fils qu’elle pourra influencer et sur le soutien desquels elle pourra se reposer.
La seconde image de la femme musulmane est celle des théologiens. Omran (1992) pense que le statut des femmes dans l’Islam est sérieusement incompris pour de nombreuses raisons. Il est déduit à tort, observe-t-il, lorsque le comportement d’individus musulmans et de communautés musulmanes est interprété comme traduisant les credo de l’Islam. Cela est de plus aggravé par les fausses conceptions sur le statut des femmes dans l’Islam basées sur l’abus grossier des lois islamiques par certains groupes musulmans ignorants. De plus, la majorité des communautés musulmanes vivent dans le tiers-monde qui est associé à un statut inférieur des femmes.
Obermyer (1994) pense que des aspects de la doctrine islamique pourraient être utilisés pour renforcer l’autonomie et l’égalité des femmes, qui ont reçu beaucoup moins d’attention que les aspects de la doctrine qui tendent à favoriser l’inégalité. L’auteur maintient que de nombreux musulmans pensent que les passages des Ecritures qui soulignent l’égalité des croyants devant Dieu sont le message authentique de l’Islam, tandis que ceux suggérant une discrimination à l’égard des femmes sont de simples reflets des conditions temporelles dans lesquelles la religion s’est développée, et une distorsion de son égalitarisme inhérent.
CONTEXTE CULTUREL DU CHOIX DE REPRODUCTIF
De nombreux chercheurs ont fait des efforts pour lier les droits de l’Homme et la santé reproductive (Freedman et Isaacs, 1993; Cook, 1993). L’idée de choix reproductif est devenue le centre d’élaborations systémiques basées sur des principes juridiques et éthiques. L’un des éléments central qui définit le choix reproductif est l’autonomie, ce qui signifie qu’une femme peut prendre des décisions en matière de reproduction et qu’elle a accès aux informations et aux services qui peuvent faire de son choix une réalité.
Les lois de l’Islam sont souvent jugées incompatibles avec les droits internationaux de l’Homme (Obermyer, 1994, 1992). Cependant, certains auteurs musulmans répliquent que les standards gouvernant les droits et les choix tels qu’ils sont définis par l’Occident sont contraires à l’Islam (Omran, 1992). Ils maintiennent que certaines transgressions à la liberté des femmes sont mandatées par l’Islam. Cependant, l’application des critères dérivés des conférences internationales à l’analyse du choix reproductif dans l’Islam est difficile, à cause des différences de vues existantes sur la relation entre Islam et statut des femmes (Obermyer, 1994).
Ahmed (1992) avance qu’il y a un ethos fondamentalement égalitaire dans l’Islam qui a été distordu par les forces patriarcales. Selon lui, les textes religieux peuvent et doivent être interprétés de manière plus égalitaire. Cette perspective serait en harmonie avec la notion occidentale de choix reproductif des femmes. Obermyer (1994) soutient cette notion et pense, de plus, que plusieurs aspects de la doctrine de l’Islam sont clairement compatibles avec une telle interprétation. Elle note qu’un certain nombre de passages des Ecritures soulignent l’idée que Dieu ne veut pas accabler les croyants, et suggèrent que la qualité est aussi importante que la quantité dans la procréation. De plus, une attitude généralement positive existe envers la sexualité dans le mariage, ainsi qu’une reconnaissance claire du droit de la femme au plaisir sexuel.
Obermyer (1994) a examine deux études de cas qui représentent des liens intéressants entre les buts de l’Etat, les questions de genre et la reproduction. Le premier est en Tunisie, où l’Etat a mené des réformes pénétrantes pour améliorer à la fois le statut des femmes et le choix reproductif sans violer les traditions islamiques. Le second cas est en Iran, où les régimes successifs ont mis en œuvre des politiques contradictoires qui ont eu un impact direct sur les femmes et la reproduction, et où les questions se rapportant aux femmes ont été affectées par les luttes politiques aux niveaux local, national et international. Elle conclut que les contraintes sur le choix reproductif sont fonctions des politiques de l’Etat plus que d’un reflet de la doctrine religieuse, et que les dirigeants utilisent, en fait, l’Islam pour justifier des positions divergentes sur les questions de genre et de reproduction. Elle déclare :
"Comme d’autres doctrines religieuses, l’Islam a été utilisé pour légitimer des positions conflictuelles sur les questions de genre et de choix reproductif. Les façons dont le code éthique de la religion est traduit dans les politiques affectant le statut des femmes ont été fonction de l’idéologie de groupes au pouvoir et ont été influencées par des changements dans les sphères économique, politique et sociale." (p:49)
Les sections suivantes examinent le concept de choix concernant certains aspects de la santé reproductive, à savoir, l’avortement, la sexualité et la contraception dans le contexte de la culture. Avortement
La principale inquiétude des théologiens est de savoir si la Charia soutient l’avortement ou non. De cette question générale, une liste de sous-question émerge :
- A quel stade durant le terme de la grossesse le fœtus devient-il un être humain ?
- Quelles sont les circonstances dans lesquelles la loi islamique permet l’avortement et dans quelles circonstances est-il interdit ?
Dans l’interprétation du Coran et du Hadith, une référence directe est faite à “l’âme” dans le fœtus 120 jours après la fertilisation. En même temps, certains commentateurs des textes coraniques disent que les mots 'Khalqan akher' (i.e. un autre acte de création) dans les versets du Coran signifient "âme" dans le fœtus ; Et que le stade de 'mudghat ghayer' (i.e. la grosseur pas encore complètement créée) dans les versets du Coran se réfère au stade où aucune âme n’a encore respiré (Madkour, 1974). En résumé, il y a trois stades principaux dans une grossesse qui influencent l’évaluation islamique des érudits de l’avortement :
i. Avant 40 jours
ii. Avant 120 jours, et
iii. Après 120 jours.
Comme cela a été mentionné plus haut, la question fondamentale de la loi Islamique est à quel moment du développement le fœtus devient-il un être humain ? Selon Mussallam (1978), les musulmans croient que ce moment se situe à la fin du quatrième mois de grossesse, lorsque le fœtus a une ‘âme’. Un autre point de vue situe ce moment à la fin des 42 jours, lorsque la différentiation des organes commence (Omran, 1992; Mussallam, 1978; Madkour, 1974).
En résumé, il y a un consensus parmi les érudits islamiques que l’avortement après 120 jours n’est pas permis. Cependant, l’Islam donne aux femmes le droit d’avorter dans des cas de sérieux problèmes de santé liés à la maternité. Cependant, ces droits sont relatifs et doivent encore être comparés à d’autres alternatives.
Droit à la Contraception
Le droit d’utiliser des moyens contraceptifs est discuté en détail par de nombreux érudits (Omran, 1992). La majorité des théologiens pensent que des méthodes non permanentes de contraception sont autorisées par l’Islam à condition qu’ils soient sans danger et qu’ils soient acceptés par l’homme et par la femme. Cependant, la question des méthodes permanentes (stérilisation masculine et féminine) demande encore à être clarifiée. La majorité des théologiens pensent que ces méthodes ne sont pas permises sauf dans des cas où la santé de la mère est en danger.
L’objection à la stérilisation vient de la perception qu’une femme pourrait probablement regretter cette décision dans le future du fait d’un désir renouvelé de concevoir (Rispler-Chaim, 1993), en particulier dans le contexte d’irréversibilité de la stérilisation. Un autre argument est que c’est une tentative de changer ce que Dieu a créé (Jad el Haq, et al 1992). De plus, certains érudits indiquent que la stérilisation est par analogie une castration, qui est, elle, interdite par le Prophète (Madkour, 1974).
Abdullah observe :
Nous avions l’habitude de participer aux batailles saintes menées par les apôtres de Allah et nous n’avions rien [pas d’épouses] avec nous. Donc nous nous sommes dits, "devrions-nous nous castrer ?" Il nous a interdit et puis nous a permis d’épouser des femmes avec un contrat temporaire et nous a récité [venant du Coran]: 'O vous qui croyez ! Ne rendez pas illégitime les bonnes choses que Allah a faites légitimes pour vous, mais ne commettez pas de transgression.'
(Sourate 5:87)
Rispler- Chaim (1993) et Omran (1992) pense que la stérilisation, si elle est réversible, pourrait être considérée comme une autre variation des ‘contraceptifs légitimes’. De plus, la stérilisation n’est pas similaire à la castration. Tandis que la castration entraîne un impact sur la virilité et la fertilité et sur le niveau des hormones, la stérilisation n’affecte que la fertilité. Il est avancé que si les méthodes à court terme sont permises, alors les méthodes à long terme devraient l’être aussi (Rispler-Chaim, 1993). D’un autre coté, Serour, (1998) avance que l’argument selon lequel la stérilisation est réversible n’est pas vrai, le taux de succès de la procédure est très faible, elle est chère et demande des techniques avancées.
DROITS A LA SANTE SEXUELLE ET A L’EDUCATION SEXUELLE
La section suivante indique que l’Islam apporte à la fois aux femmes et aux hommes le droit à une éducation sexuelle correcte, une bonne santé sexuelle et au plaisir sexuel.
Santé reproductive et éducation sexuelle dans l’Islam
A l’époque du prophète, l’éducation sexuelle était enseignée au coté d’autres enseignements de l’Islam. Les croyants (hommes et femmes) posaient des questions relatives à leurs problèmes sexuels, et le Prophète clarifiait les points obscurs. De plus, les femmes interrogeaient 'Aicha', la femme du Prophète, sur certains aspects de la santé reproductive. L’éducation sexuelle est mentionnée dans le Coran et le Hadith comme suit :
- Positions sexuelles. N’importe quelle position lors des rapports sexuels peut être adoptée, à savoir, assise, debout et allongé sur le coté :
Selon le Coran: “Les femmes sont votre champ, cultivez-les de la manière que vous l’entendrez." (Sourate 2:223).
- Planning familial. Abu Sa'd Al-Khudrei dit :
Nous avions des captives femmes dans le butin de guerre et nous faisions des coitus interruptus avec elles. Donc nous avons interrogé l’Apôtre de Allah à ce sujet et il a dit, "Faites-vous vraiment cela ?" répétant la question trois fois, "Il n’y a pas d’âme qui soit destinée à exister mais qui viendra à l’existence, jusqu’au jour de la Résurrection." Al Boukhari.
- Formes extrêmes de comportement sexuel. Ibn Abbas relate :
Un homme est venu au Prophète et dit : En vérité, j’ai une femme qui n’enlève pas sa main du toucher (nymphomanie ?]. Le Prophète a dit : "Divorce". Il a dit : "Je l’aime". Le Prophète a dit : "Alors garde-la dans ce cas." (Al Boukhari).
Il est important de noter que le Prophète n’a pas puni la femme.
- L’importance des préludes. Jabir bin Abdullah raconte :
Quand je me suis marié, l’Apôtre de Allah m’a dit, "Quel genre de femme as-tu épousé ?" J’ai répondu, "J’ai épousé une matrone." Il a dit, "Pourquoi, n’aimes-tu pas les vierges et les caresser ? Jabir a aussi dit : l’Apôtre de Allah a dit, "Pourquoi n’as-tu pas épousé une jeune fille pour pouvoir t’amuser avec elle et qu’elle s’amuse avec toi ?" (Al-Boukhari)
Droits et devoirs dans les relations sexuelles
Tous les érudits indiquent que le droit au plaisir sexuel est l’un des droits d’une épouse (Omran, 1992). Ils ne dénient pas son droit au contentement sexuel. Le contentement sexuel des femmes est compris comme dépendant du rapport sexuel complet, chose que le retrait n’est pas (Mussallam, 1978). En conséquence, certains érudits ne permettent pas le retrait sans le consentement de l’épouse car ils pensent qu’il interfèrera avec son plaisir.
Cependant, ces droits sont contrebalancés par les devoirs des femmes. De nombreux Hadiths énoncent qu’une femme ne doit pas se refuser à son mari. Le Prophète dit : "Si un homme invite sa femme à coucher avec lui et qu’elle refuse de venir à lui, alors les anges envoient leurs malédictions sur elle jusqu’au matin." Al Boukhari. Il dit aussi : "Si une femme passe la nuit à déserter le lit de son mari [ne couche pas avec lui], alors les anges envoient leurs malédictions sur elle jusqu’à ce qu’elle revienne [à son mari]." Al Boukhari.
Islam et santé sexuelle
L’Islam interdit tous les actes qui seraient nuisibles à la santé sexuelle, comme la castration, la sexualité durant les menstruations et les rapports anaux. Appliquer ces enseignements aidera à préserver la santé sexuelle et préviendra les maladies sexuellement transmissibles dont le VIH/SIDA.
La sexualité en dehors du mariage : L’Islam interdit tous types de relations sexuelles en dehors du mariage, qu’ils soient avant le mariage ou en dehors du mariage. L’Islam défend un certain nombre de mesures spécifiques pour réduire les tentations qui pourraient attirer une personne dans de telles relations.
- Le Prophète encourage tous les croyants (en particulier les jeunes) à se marier s’ils le peuvent, pour que leurs désirs naturels soient légitimement satisfaits :
"N’importe quel homme qui peut se marier, car cela l’aidera à baisser son regard et à garder sa modestie (i.e. ses organes sexuels à commettre un rapport sexuel illégal)." Al Boukhari.
- La polygamie est autorisée par l’Islam pour réduire le nombre de femmes non mariées dans une société.
- Des instructions claires demandent aux femmes de se couvrir et d’apparaître de façon modeste pour ne pas attirer les hommes.
- Les garçons ne sont pas autorisés à s’associer aux filles après la puberté. Cela tend à limiter la pratique d’amitié (drague) entre garçon/fille.
- La consommation d’alcool, les fêtes, les danses entre les deux sexes – pratiques et lieux qui peuvent mener à des relations sexuelles en dehors du mariage – sont interdites.
- Les rencontres entre un homme et une femme sans autre compagnie sont interdites.
- L’Islam met les femmes en garde contre les sortes de paroles qui pourraient stimuler la passion sensuelle - "Si tu crains Dieu, ne soit pas trop complaisante avec la parole, crains l’homme au cœur malade qui ne doit pas te désirer." (Coran Sourate 33:32). La retenue s’étend aussi à la posture et à la façon de marcher - "Et ne les laissez pas frapper des deux pieds, pour ne pas découvrir leurs ornements cachés" (Coran Sourate 24:31). L’exhibition indécente est également interdite : "Et qu’elles ne montrent pas leurs ornements sauf ceux qui sont externes" (Coran Sourate 24:31).
De plus, le Prophète dit à ses croyants qu’ils devraient avoir des rapports sexuels avec leurs épouses s’ils deviennent excités selon le Hadith suivant. Jaber raconte :
Le Prophète a dit: "En vérité, les femmes s’approchent sous la forme du diable, et passent sous la forme du diable. Lorsque l’un d’entre vous est charmé par une femme et qu’elle tombe dans son cœur, laissez-le aller vers sa femme et avoir un rapport sexuel avec elle, car cela éloigne ce qu’il avait en tête." Al Boukhari.
érés par la Charia non seulement comme un pêché mais aussi comme un crime punissable par la loi.
Castration : Le Hadith indique, comme l’a raconté Sa'd bin Abi Waqqas – Les apôtres de Allah ont interdit à Uthman bin Maz'un de s’abstenir du mariage (et autres plaisirs) et s’il lui avait permis, nous nous serions castrés. Al Boukhari Sexualité durant les menstruations : L’Islam interdit les rapports sexuels durant les menstruations - Sourate 2:222 -
Ils t’interrogent sur les menstrues. Dit : Elles sont une souillure et une pollution: Tenez-vous à l’écart des femmes pendant les menstrues, et ne vous approchez pas d’elles jusqu’à ce qu’elles soient purifiées. Vous pourrez vous approcher d’elles comme vous l’a ordonné Allah car Allah aiment ceux qui le suivent et Il aiment ceux qui se purifient."
Rapports sexuels anaux : Comme rapporté par Khusaimah bin Sabet : Le Prophète a dit : En vérité, Allah n’a pas peur de la vérité. N’approchez pas vos femmes par derrière (rapport anal). Al Boukhari. Aussi, comme l’a rapporté Abu Hurairah, le Prophète a dit : “Maudit soit celui qui va à sa femme par derrière.” Al Boukhari.
En résumé, l’Islam donne aux hommes et aux femmes le droit à la santé sexuelle en leur interdisant tout ce qui est jugé nuisible. De plus, il leur apporte le droit à l’éducation sexuelle et au plaisir sexuel. Cependant ces droits ne doivent être pratiqués en dehors des relations maritales légales.
DISCUSSION ET CONCLUSION
Une littérature croissante d’études sociales et anthropologiques montre que l’Islam est interprété différemment dans différents pays et par différents groupes sociaux. La religion n’est pas le seul facteur, bien qu’il soit très important, qui détermine les conséquences sociales. Les traditions, les coutumes et les différences géographiques sont d’autres facteurs. De plus, les textes islamiques sont flexibles et pourraient être adaptés à tous lieux et en tous temps. Certains des théologiens actuels tendent à citer les classiques, même ceux concernant les anciennes opinions médicales dont les erreurs ont été repérées et depuis remplacées par d’autres idées plus scientifiques. Ces facteurs pourraient expliquer certains fossés entre l’idéologie islamique, telle qu’exprimée par le Coran et les Hadiths, et les pratiques qui sont basées sur des coutumes et traditions mais interprétées à tort comme étant fondées sur l’Islam.
Du point de vue islamique, deux positions différentes sur le choix reproductif peuvent être prises. La position la plus traditionnelle donne aux femmes peu de liberté pour prendre des décisions qui portent sur la reproduction. La seconde avance que les contraintes sur le choix reproductif qui existent dans certains pays musulmans ne sont pas inhérentes à l’Islam. Selon cette approche, les éléments égalitaristes des textes sacrés devraient servir de guide à une ré-interprétation de la doctrine qui serait pleinement compatible avec les idées de droits de l’Homme et de choix reproductif.
Les droits à la contraception dans l’Islam ont été discutés en détail dans de nombreuses autres publications (voir travail de Omran, 1992). La majorité de ces auteurs indiquent que l’Islam donne aux femmes le droit absolu à la contraception. Cependant, il y a une diversité d’opinions en ce qui concerne les méthodes permanentes (stérilisation chirurgicale).
En ce qui concerne l’avortement, un consensus parmi les théologiens se porte sur le fait qu’après 120 jours l’avortement n’est pas permis, sauf pour sauver la vie de la mère. Cependant, il n’y a pas de position unifiée parmi les érudits musulmans sur l’avortement avant 120 jours. Toutes les écoles de pensée s’accordent à dire que l’Islam donne aux femmes un droit à l’avortement lorsque leurs vies sont en danger dans le cas d’une grossesse à risque élevé. Certaines écoles s’accordent aussi sur le droit à un avortement précoce dans des cas de problèmes sanitaire, social, mental et économique. Il y a un besoin clair de réviser et d’unifier les lois islamiques concernant l’avortement dans le contexte des progrès récents de la médecine et de la technologie.
En ce qui concerne la sexualité, l’Islam donne aux femmes le droit à la santé sexuelle en décourageant tout ce qui est jugé nuisible, comme les rapports anaux et la sexualité lors des menstruations. L’Islam donne aussi aux femmes le droit à une éducation sexuelle correcte et le droit au plaisir sexuel. Cependant, tous ces droits ne doivent pas être pratiqués en dehors de relations maritales.
Relecture de la définition de la santé reproductive : En prenant en compte les dimensions socioculturelles de la santé reproductive, les définitions internationales de santé reproductive peuvent être adaptées pour les rendre acceptables à et adoptables par les pays islamiques. Les adaptations proposées sont les suivantes :
Santé reproductive dans l’Islam : Une redéfinition
Dans le cadre des enseignements islamiques, la santé reproductive implique la capacité des femmes et des hommes à vivre de la naissance à la mort en ayant un choix reproductif, une dignité et en étant raisonnablement libérés des maladies et des risques de santé reproductive. De plus, la capacité d’un couple marié à prendre du plaisir dans une sexualité maritale sans peur ni infection, grossesse non désirée, ni coercition; à réguler la fertilité sans risque d’effets secondaires désagréables ni dangereux ; à traverser des grossesses et accouchements en sécurité ; et à porter et élever des enfants sains.
Ahmed R. A. Ragab. Dr. Ragab est professeur agrégé de santé reproductive au Centre International Islamique d’Etudes et de Recherches sur la Population à l’université Al-Azhar, Egypte.
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